mercredi 25 février 2009
100 % des gagnants ont tenté leur chance...
J'ai répondu à une offre d'emploi.
La première depuis plusieurs années, puisque la précédente m'avait permis de rentrer dans l'entreprise qui m'a licenciée l'année dernière... çà fait bizarre. Comment çà marche ? Qu'est-ce que je vais bien pouvoir leur dire ? Oh, zut, respecter un ordre logique : le "vous, je, nous". M'en fiche, j'écris machinalement, cet exercice ne m'a jamais posé de souci, c'est vrai, j'ai cette chance. J'écris comme je respire, les mots m'ont toujours été faciles, des amis quand ma bouche est parfois si maladroite à vouloir exprimer des choses pourtant si simples.
J'ai répondu à cette offre comme un coup de poker, miser sur mes passions et faire table rase du passé d'un métier que je voudrais ne plus jamais exercer. J'ai osé, çà y est, je l'ai fait !
Et maintenant...
Maintenant, il y a l'attente. De l'appel ou du courrier. Si ils appellent, c'est pour un entretien. Si c'est un courrier, c'est un refus. C'est toujours ainsi que cela se passe. Il faut le savoir, s'y préparer.
Le plus dur est de se concentrer sur autre chose. Comment trouver l'envie de regarder les autres petites annonces si on a la sensation d'avoir déjà trouvé celle qui nous rendrait heureuse ?
Ce qu'il faut avouer, c'est que ce poste a la particularité d'être dans le fonctionnariat, pour moi qui viens du privé, capitaliste et mercantile, c'est une révolution ! Mais si c'est là que se trouve enfin LA voie, pourquoi pas ?
J'ai peur. Peur que cela ne marche pas, sans avoir pu aller me défendre en entretien. Peur que le fait de venir du privé les rebute avant même d'avoir pu me juger sur d'autres éléments. Peur car une lettre de motivation, aussi bien écrite soit-elle, ne pourra jamais leur dire à quel point ma vie a changé et à quel point tout ce que j'ai compris ces derniers mois ne peut pas être écrit dans un CV qui ne me ressemble tellement plus...
J'essaie de ne pas trop m'accrocher à un espoir qui, je le sais, doit rester mince. Puisque pas prioritaire. Puisque avec un profil atypique.
Mais c'est comme l'instant avant le tirage de l'immense cagnotte du Loto auquel vous avez joué comme 2 fois dans l'année. Il y a toujours ce moment où fébrile, vous vous dites : "qu'est-ce que l'on ferait si on gagnait ?".
S'en suit l'immense liste que nous avons tous fait au moins 1 fois dans notre vie : acheter la maison de nos rêves, faire le tour du monde, arrêter de travailler peut-être pour certains, mettre à l'abri du besoin ses proches, ect..."
Et puis arrive l'heure du tirage. Vous y croyez dur comme fer : 100 % des gagnants ont tenté leur chance, non ?
Les boules tombent une à une et annoncent le résultat. La première d'abord : vous ne l'avez pas mais bon, il y a le complémentaire pour repêchage après tout. La deuxième : vous ne l'avez pas non plus mais bon, 5 numéros, çà fait un bon pactole quand même. Et la 3ème, et la 4ème, et la 5ème. Vous ne les avez pas, votre espoir tombe à l'eau.
Au pire, un numéro est correct mais c'est trop peu pour que vous récupériez votre mise.
Et là, immanquablement, déçu un petit peu quand même, vous dites qu'il ne faut pas rêver, que les statistiques sont formelles, une chance sur plusieurs millions, cela aurait été hallucinant que çà tombe sur vous !
Vous êtes même capables d'ajouter que c'est mieux comme çà, que l'argent, çà gâche la vie et pourrit les relations avec les gens !
Eh bien, vous voyez, j'en suis là en ce moment avec mon annonce. J'ai joué ma grille, et j'attends le tirage.
J'ai une chance, une toute petite chance. J'attends fébrilement. Entre l'envie et l'enthousiasme et la peur d'être trop déçue.
Alors, dans ces moments-là, il est dur de penser à autre chose. D'avoir envie d'écrire sur un autre sujet. Pourtant, les journées sont riches de mille choses. Je rêve des heures durant devant Pomadour, je recrée notre intérieur, je range des tonnes de papiers ne servant plus à rien, j'ai fait les plans de nos futurs meubles de salon, je chine dans ma caverne d'Ali Baba, j'accumule des tonnes de tissus, de laine, en attendant le savoir-faire. Tout cela en rêvant.
C'est beau de rêver. Pour l'instant, c'est vraiment beau...
lundi 26 janvier 2009
Période bizarre
Il y a des périodes bizarres dans la vie. En vrac et dans le désordre...
- Je ne lis plus Fonelle tous les jours sur son blog. En fait, au bout d'un moment, je trouve que le style est toujours le même. Je m'ennuie.
- Je n'achète plus Biba ni Cosmopolitan. Oui, je les achetais. J'assume.
Cela m'ennuie d'avoir la mémoire trop longue pour reconnaître des soi-disant témoignages qu'ils ont déjà mis dans des précédents numéros. Même si le dit numéro date de plusieurs mois ou années en arrière. Les photos, idem. En nous faisant croire que c'est du neuf, du frais, du dernier-pensé.
- Je ne m'inquiète plus au moindre bobo : je relativise.
- J'ai mis pour la 1ère fois du vernis "rouge noir Chanel" hier soir, moi qui adore passer inaperçue. Oui mais je trouvais cela joli sur les autres. Oui, mais c'est sur "les autres"...Sur moi, çà fait juste moche. En plus, j'ai été déçue. Il se met mal, il ne tient pas, dissolvant au bout d'1/2 journée, à quoi bon ?
- Je fais les soldes "sagement", je regarde 10 fois la fringue en me demandant si VRAIMENT, je la mettrais plus d'1 fois. 9 fois sur 10, je la repose...
- Cà y est, suis prête à vendre quelques-uns de mes 100 sacs à main. Finalement, ce n'est pas si difficile que cela de se séparer de certains. Il suffit juste de réaliser qu'on ne les porte jamais...
- J'ai compris que le métier que je m'étais obstinée à faire pendant 10 ans n'était pas "le mien". Je n'ai pas encore trouvé ce que j'allais faire de ma vie (oh, l'angoisse) mais s'être avoué cela est déjà un immense pas.
- Moi qui disais depuis des années que je voulais coudre, tricoter, crocheter, et qui n'avait pas osé, (ma vie, jusqu'à présent, était une belle succession de "je n'ose pas"...), je suis heureuse d'avoir franchi le pas.
- j'arrive (presque) à ne plus fumer. En tout cas, je passe plusieurs semaines sans fumer et ce n'est plus un problème. Paradoxalement, si j'achète un paquet, je suis capable de le fumer en 2 jours chrono. A m'en dégouter. A en avoir mal à la tête. En me trouvant idiote à chaque bouffée. En jurant de ne plus jamais racheter de paquet. Et y croire. Et espérer qu'enfin, ce jour arrive. Qu'un jour, je puisse dire "çà y est, c'est fini, VRAIMENT". Oui, enfin...
- J'en arrive à me dire que toutes les erreurs marketing relevées des entreprises, je devrais en faire un livre. Ou les écrire sur un blog. Dénoncer donc. Est-ce me prendre pour Julien Courbet alors que moi, c'est vraiment mon métier ? L'introspection d'horreur...
- Ce matin, j'ai trouvé une offre d'emploi qui me plaît vraiment. Cela faisait TRES longtemps. Un truc où on évoque la démocratie participative et des choses comme cela : un rôle un peu politiquement correct. Je ne le suis pas toujours. Et alors ? Avant, je n'aurais jamais osé. Maintenant, je me dis "pourquoi pas".
Ils ne me prendront jamais. Je le sais. Je dis trop haut ce que les autres pensent tout bas. Je le sais. Et alors ? est-ce que cela doit m'empêcher d'oser ? Est-ce que, finalement, oser, ce n'est pas se foutre de cela ? Etre réaliste sur le fait que j'ai 1 chance sur 1000 d'être prise doit-il m'empêcher de le faire ? Et si les 999 tombaient malades le jour de l'entretien ? Ou finalement, se disaient que c'est foutu d'avance, eux aussi.
Est-ce qu'ils oseraient, EUX, prendre le risque de me prendre sur mes compétences qui, elles, sont reconnues et non sur le risque qu'ils prendraient d'avoir un canard noir au milieu des cygnes blancs ?
Mon amie, à qui j'en parle ce midi me dit : "es-tu prête à avaler des couleuvres ?". Un blanc. Je ne sais pas. Cà a quel goût une couleuvre ?
- Ce matin, je n'ai peur de rien. je découvre que le père d'un homme que j'ai follement aimé (avant, dans une autre vie bien sûr ) est devenu un éminent personnage dans ma ville. Ce matin, je lis son blog et je me dis : "dire qu'il aurait pu être mon beau-père"....
Je découvre que nous sommes du même "bord". Ouf ! Mes souvenirs restent intacts.
- Ce week-end, IL s'est souvenu de moi. Il, c'est un vieil homme atteint d'Alzheimer, qui, dans un moment d'apaisement, a décroché son téléphone et s'est souvenu de sa fille. 10 minutes de conversation "comme si de rien n'était". 10 minutes où les souvenirs sont fiables, les personnes bien à leur place, on y croit encore un peu. On se dit "jusqu"à quand ?" Et puis, il dit :" mais tu habites où déjà ? " Et là, on se souvient...
Saloperie de maladie ! Vicieuse ! Perverse ! Tu prends tout et tu ne rends rien ! Lundi matin, se souvient-il ? Peu de chances...
Oui, c'est un moment comme çà en ce moment, un moment comme en appuyant sur "Pause". Et là, vous voyez.
Que tout n'est pas "bien".
Que tout n'est pas "mal".
Vous riez de choses dont vous auriez pleuré autrefois. Vous pleurez de choses que vous n'auriez même pas soupçonnées.
Vous voyez les gens "autrement". Ou vous les voyez enfin "tels qu'ils sont". Vous ne savez pas.
C'est eux qui ont changé. Ou c'est vous. Ou un peu des deux.
C'est une période bizarre. C'est une période heureuse. Ou un mauvais moment à passer. Cà dépend des couleuvres...
