jeudi 16 juillet 2009
On ira tous au paradis...
Après plusieurs mois de silence, je reprends la plume...
Après une série d'évènements particuliers, je n'y arrivais plus. Ecrire, oui, mais écrire quoi ? Les tracas du quotidien ? Les créations que je n'ai pas eu le temps de faire ? Mon projet de boulot qui avance ?
Oh, les sujets n'auraient pas manqué mais les mots ne suivaient pas.
J'ai été plus que marquée par plusieurs évènements difficiles depuis ce début d'année : le décès de mon amie, le cambriolage de notre cave, et puis, ce que je n'ai pas indiqué ici après cette mésaventure : un meurtre qui s'est produit dans mon immeuble, par le voisin même qui était soupçonné de notre vol. Oui, quinze jours après mon dernier message, s'est produit ici quelque chose d'inqualifiable : un soir, il a "pété les plombs", pris d'une crise de démence, il avait envie de tuer. Il est monté au dernier étage de notre immeuble, a frappé à la porte d'un habitant qui lui a gentiment ouvert et lui a proposé un verre, ignorant l'état psychique dans lequel il se trouvait. Et, dans un acte prémédité puisqu'il avait monté avec lui des accessoires dans sa manche, a égorgé ce voisin, l'a décapité et est redescendu avec sa tête chez lui et ensuite, a jeté sa tête dans le vide-ordures.
Dès le lendemain et la découverte du corps, ce meurtrier a été arrêté, a froidement expliqué qu'il avait eu ce besoin d'enlever la vie à quelqu'un, comme çà, parce qu'il était mal dans sa peau, tout simplement. Son interpellation a été un soulagement bien sûr mais les images restent. Tout l'immeuble a été bouleversé, forcément. Pendant de longues semaines, tout le monde n'a parlé que de cela, refaisant l'histoire, cherchant des explications. Il n'y en a pas : ce jeune homme était malade psychiquement, n'avait pas été pris en charge en hopital psychatrique, avait même déjà quelques antécédents.
Depuis, il s'est suicidé en prison, peut-être poursuivi par la gravité de son acte.
Nous ne le saurons jamais, la famille du défunt non plus avec en plus, la douleur de ne pouvoir faire complètement son deuil.
Les images ont été violentes. Pendant plusieurs semaines, nous avons eu tant de mal à dormir, à sortir de chez nous, à nous rassurer.
Alors, dans ce contexte, je n'avais plus de mots. Plus envie d'écrire, plus envie de parler.
J'écris aujourd'hui par besoin de tourner la page. Par nécessité que la vie reprenne ses droits et me permette de passer outre cette incompréhension.
Car mon esprit est incapable de comprendre comment on peut délibérément oter la vie à quelqu'un. Je vois bien les informations chaque jour comme vous tous mais même en le constatant, cela ne m'enlève pas la douleur et la stupeur que j'éprouve à chaque fois devant ces annonces. J'attache une telle valeur à la vie, je la crois si précieuse, si exceptionnelle que les morts non naturelles sont un mystère douloureux en pensant à ces hommes et femmes qui avaient encore tant à donner, à voir et à vivre.
Bref, me voilà à refermer ce chapitre sordide.
Heureusement, depuis, mes projets ont grandement avancé. Cà y est, j'ai réussi. Non pas à me faire embaucher, non, çà, je l'attends encore. Mais à définir quel est ce grand changement d'orientation que je cherchais tant.
Il m'aura fallu des mois pour arriver à l'avouer, ayant notamment peur de l'effet de mode. Mais c'est bien l'en-tête Développement Durable que j'espère apposer bientôt à mon rôle professionnel.
Sous quelle manière, je l'ignore encore. Je lis, que dis-je, j'avale le sujet telle une boulimie d'informations tant cela est passionnant. Et finalement, tout se rejoint enfin. La valeur précisément accordée à la vie trouve sa réponse aussi ici.
J'avais quitté ma précédente fonction, écoeurée des pratiques commerciales et marketing constatées, n'y voyant que de la prétention de quelques diplômés de grandes écoles, que je trouvais sans imagination et bourrés d'orgueil.
Je rêvais d'une autre manière d'être, d'une autre façon de s'accomplir, en alliant compétences et valeurs.
Il aura fallu des mois mais la réponse est certaine. Demain, sous une forme certes ignorée encore, j'arriverais à allier cela.
Et cela est apaisant, enfin. Toucher au but de ce que l'on cherchait depuis plusieurs années. Avoir compris le manque dans son rôle mais ne pas arriver à le définir jusqu'ici était douloureux. Comme un échec, je n'en voyais pas le bout. Mille doutes incessants, mais la passion comme motivation, ce besoin de colorer ma vie en étant en accord avec ce que me disait mon coeur, çà y est, c'est pour bientôt, on va y arriver.
Après tout cela, que reste-il à dire ?
Il aura été long ce chemin avant d'avouer mes vraies envies. Mais quel soulagement, quelle émotion maintenant d'être certaine de ses choix. Pour la 1ère fois de ma vie, je choisis mon parcours. Refermer la page de l'adolescence et d'une orientation à 15 ans bien mal choisie car à l'époque, la maturité manquait pour comprendre quelles allaient être les conséquences.
Je ne regrette rien. J'ai peur bien sûr, car tout me reste à prouver mais l'envie est plus forte que les barrières qu'il me restent encore à franchir.
J'avais démarré ce blog, souhaitant enfin pouvoir accéder à la liberté de l'être et de ses multiples pensées. Je n'ai pas toujours réussi, cherchant parfois à ressembler à des femmes dont j'admire le parcours et les créations. Qui ne rêve pas d'être la parfaite femme-maman-créatrice, accomplie dans sa vie pro et dans sa vie perso, tenant un blog quotidien où elle arrive à cuisiner, coudre plus vite que son ombre, travailler, élever ses enfants, avoir des copines, lire, être fashion, ect...
A lire cela, peut-être qu'un nom vous vient en tête, voire même plusieurs ?
Moi, j'ai envié ces femmes-là, je le concède,espérant tant arriver à tout faire, à tout être, à tout vivre.
Et il aura été long le chemin où j'ai accepté d'être seulement moi, à mon rythme, en accord simple avec ce que je sais faire et non ce qu'il me faudrait des années pour acquérir.
Je n'envie plus ces femmes. Leurs parcours sont formidables mais ils leur appartiennent. Chacune est unique et fait en fonction de ce qu'elle peut.
C'est chouette d'écrire cela, cela fait un bien fou. Ne plus se sentir obligée d'afficher une constante création, le truc qui fait plus, qui fait mieux.
Je ne suis pas douée pour cela. C'est comme çà.
J'aime les amitiés profondes et j'aime les gens. J'aime le monde et ses merveilleux trésors. J'aime la vie au-delà de tout, et suis émerveillée aux larmes quasi chaque jour de la richesse de l'émotion provoquée par de tous petits riens. Et demain, c'est tout cela que j'espère montrer à mon tour. C'est bien aussi, non ?
Ne faut-il pas déjà se contenter de cela ? D'être soi même si on fait différent des autres ? Notre valeur n'est en rien diminuée par cette acceptation.
Voilà tout ce qui s'est passé ces derniers temps. Les évènements dramatiques et douloureux ont laissé place à cela. Avancer, encore, toujours. Pour ma fille, pour mes proches, pour tous ceux que je lis et tout ceux que je ne connais pas encore. Pour mes amis, ma N'Amie, tous ceux dont j'aime à entendre les coeurs parler avec les yeux brillants d'émotion. Pour tous ceux qui m'inspirent et qui me donnent envie d'agir. Et un peu pour moi, apaisée enfin...
Rien n'est encore fait, tout reste à faire. Mais ce qui est pris est pris et demain mettra en accord tous les morceaux du puzzle.
Mon dieu, que j'aime les gens et la vie. Mon dieu, que cette vie est belle.
Voilà les mots que j'attendais d'écrire pour arriver à rouvrir cette page ici...
mercredi 25 mars 2009
Mais que fait la Police ?
Vous allez penser que je cumule...et vous n'aurez peut-être pas tort d'ailleurs...
Malheureusement, malgré 1000 idées de message sur divers sujets, c'est encore sur un petit malheur que se fera celui d'aujourd'hui...
Nous avons été cambriolés la semaine dernière...enfin, notre cave, très exactement...
Non, nous ne l'avions pas laissé ouverte, oui, elle était fermée à clé, oui, il y a même une clé générale d'accès à la cave, n'étant possédée que par les habitants de notre immeuble, donc oui, vous conclurez tout logiquement que c'est forcément un de nos voisins qui a fait le coup...
Oui, malheureusement, cela est quasiment certain à 99 %, si on exclut l'énorme malchance qu'un inconnu soir passé devant notre immeuble la semaine dernière, en voyant de la lumière, se serait dit "tiens, çà a l'air sympa par là", ait réussi à se faire ouvrir à l'interphone, aurait réussi aussi à rentrer dans les caves malgré la serrure (non forcée) et serait tombée en admiration devant notre cave en se disant : "oh là là, tiens, j'vais m'faire cette cave" et serait ressorti avec son butin sans bien évidemment se faire repérer par personne de la résidence avec les bras chargés de paquets...
Vous l'aurez compris, nul besoin d'être Sherlock Holmes pour faire la conclusion que la personne avait la clé, n'a paru louche aux yeux de personne puisque déjà connue et que certainement, même en la croisant les bras chargés revenant de la cave, personne ne pouvait s'en étonner puisque cette personne reviendrait seulement de SA cave...
Alors, le butin, me direz-vous ? Nous a-t-on volé quelques bijoux, tableaux de maîtres, équipement high-tech dernier cri ? Non, bien sûr, puisque nous ne disposons de rien de tout çà, gens simples que nous sommes...
Et si nous avions, nous n'habiterions certainement pas là d'ailleurs, immeuble simple et populaire mais qui abrite notre chez nous, ce qui est déjà énorme par les temps qui courent...
Non, bien sûr, il n'y avait pas beaucoup de valeur dans cette cave. Sauf...ce qui nous a été pris...
Eh oui, nous avions dans nos "richesses" quelques coffrets de vins diversement offerts à quelques occasions : le départ de N'Amoureux il y a quelques années de son ancienne boîte, la naissance de la petite, sans compter les bonnes bouteilles offertes pour récompenser le travail acharné de mon valeureux homme chez ses clients ou encore quand il dépanne untel ou untel pour tous problèmes informatiques... oui, N'Amoureux est dans l'informatique, ce qui occasionne toujours la liste de tous les problèmes rencontrés à chaque apéro (j'ai Windows qui va pas bien, tu ne peux pas faire quelque chose ?). Et N'Amoureux dit rarement non, et N'Amoureux ne compte jamais ses heures, et souvent, on nous offrait une bonne bouteille en remerciement.
Car nous ne buvons pas de vin au quotidien mais par contre, nous apprécions recevoir les gens qu e nous aimons et à cette occasion, cuisiner un bon repas (çà, c'est moi -et Jamie Oliver - qui nous y collons) et déboucher LA bonne bouteille pour accompagner tout çà.
Sauf que bouteilles, il n'y a plus. Une cinquantaine en tout, quand même...
Vous connaissez certainement aussi cette tradition où on vous offre du vin à la naissance de votre enfant pour que vous la débouchiez une fois sa majorité atteinte ou son mariage. Il y avait de ces coffrets-là dans ce qu'on nous a volé. Des bouteilles d'une grande valeur donc, quand même, du vin de garde quoi...
Que se dire dans ces cas-là ? La fatalité ? Le manque de chance ? Ce n'est pas grave, ce n'est que du vin après tout ?
Eh bien, pour être honnête, j'ai un peu du mal...
Samedi matin, N'Amoureux remonte de la cave, m'annonce çà. Je file voir le gardien de notre immeuble, a-t-il vu ou entendu quelque chose ? NON, forcément !!! Mais par contre, il a un coupable désigné : ce ne peut être que la famille "arabe" en-dessous de chez nous, c'est bien connu, les arabes sont tous des voleurs !! (pour ceux qui ont lu trop vite, pas de cris, relisez-bien, c'est mon gardien qui dit çà, pas moi !!)
Bon, je rebrousse chemin, je n'ai aucune preuve, n'ai même pas l'ombre d'un soupçon, je suis bête et disciplinée, j'ai été volée, que fais-je ? J'appelle la Police...
Un commando fait irruption chez moi 1/2 h plus tard, Police Nationale, que s'est-il passé Madame ?
Le "chef" note mon identité sur un bloc de 2 cm sur 4, constate les dégâts (la porte de notre cave fracturée) et m'indique que je dois venir porter plainte au commissariat, mais pas avant lundi matin, car "le week-end, il n'y a personne" me précise-t-il...
Bien ! Soit !! Que faire après çà ? Aller à Casto (car chez Casto, y'a...ben oui, tout c'qu'il faut, vous suivez ?) racheter une porte SOLIDE de cave, condammer l'ancienne porte pour quelques jours, et faire l'inventaire des éléments volés.
Je remets les cartons éventrés au milieu de la cave, je rassemble les choses tombées au sol et je vois ce vide énorme sur le petit meuble où le vin était entreposé. Ah non, ils n'ont pas volé la poussette de bébé, ni le cosy, ni même (dieu soit loué) le carton avec les vêtements que j'ai gardés précieusement de ses 6 premiers mois (impossible pour moi de jeter la barboteuse du 1er mois, le tout petit body, la 1ère paire de chaussons, ect...vous me comprenez, n'est-ce pas ?). Non, même la vieille friteuse est restée sagement sur l'étagère, notre voleur n'aime pas les frites, peut-être une 1ère piste pour l'inspecteur Harry ?
Je vous passe l'ambiance lourde du week-end, la tristesse de N'Amoureux qui s'en veut d'être absent actuellement du lundi au vendredi, persuadé que s'il avait été là, il aurait empêché cela. Même si je lui répète qu'il ne dort pas dans la cave aux dernières nouvelles et qu'à moins de mettre un vigile devant la porte, il n'aurait certainement rien pu faire, pas moyen d'en découdre, sa colère passe par la culpabilité, en fait pour mieux camoufler sa tristesse...
Car bien sûr, une bouteille de vin se rachète. Forcément !! Mais ces coffrets-là, offerts par l'amour et l'affection des gens, pour la symbolique de l'évènement, avec les mots affectueux qu'il y avait dedans (oui, on les avait laissé pour les relire le jour où on les ouvrirait...), non, cela, rien ne les remplacera.
Lundi matin, N'Amoureux est reparti pour la semaine, le moral plombé (à quoi çà sert de trimer 12 à 14 heures par jour si en quelques minutes, on peut tout te voler, me dit son regard avant qu'il ne referme la porte...). Alors, enfin, je peux exprimer ma colère, gardée au chaud depuis samedi, pour ne pas craquer devant lui, pour ne pas dire des mots encore plus durs, pour ne pas ajouter à la peine déjà assez présente. Aller porter plainte, appeler l'assurance...
Mardi. Je descends voir le gardien, et armés d'une lampe torche, nous descendons à la cave ensemble. Et commence l'étude de chaque recoin, quelque chose nous aurait-il échappé ? Et mon gardien, même tout facho qu'il est, a quand même le sens pratique. Lui projette la lampe sur chacune des caves n'ayant que des portes en planches de bois. Et là...
J'aperçois, dans l'une d'elles, notre luminaire, celui que je trouvais tellement moche en bleu que je l'ai repeint en gris argenté. Cet halogène que j'ai remisé à la cave, car il consomme trop et que mon côté écolo a pris le dessus.
Je ne m'étais même pas aperçue qu'ils l'avaient volé, trop occupée à ranger le reste. Là, devant moi, la preuve que c'est un voisin qui nous a volé, là, devant moi, l'écoeurement qui me saute à la figure.
Je reprends le dessus, ma fibre Sherlock Holmes peut-être. Vite, appeler les flics, un constat, faites sonner les sirènes, rameutez les effectifs ! Je me crois dans "Les Experts", la colère en plus.
Les flics ont bien identifié notre luminaire, mais aucune trace dans cette cave du reste de nos affaires. Mais, là, nous avons un nom. Et ce nom, depuis, ne cesse de me hanter. Ils sont là, à l'étage en-dessous de chez moi, peut-être en train de cuver le vin qu'ils nous ont volé, eux que le gardien avait nommément désigné et que moi, je défendais. Mais d'amalgame, il n'y aura pas. La culture et l'origine n'ont rien à voir avec le fait de voler ou pas, pas chez moi.
Pourtant, mon gardien jubile, "vous voyez, j'avais raison". Je suis à la limite de vomir, écoeurée, vidée, épuisée.
Quelques minutes plus tard, ce même gardien retrouve en bas d'une poubelle une de nos bouteilles vide bien sûr, bue, forcément. Les salauds, je reconnais la bouteille, ils ont attaqué directement dans les plus beaux coffrets reçus à la naissance de la petite. Ouf, les flics sont encore là, "Madame, Madame, on va prendre la bouteille pour les empreintes !" "Et vous allez devoir venir faire un complément de plainte au commissariat". Expliquer qu'on se prend pour Columbo avec une lampe-torche pour démasquer le vilain voleur qui, peut-être rode encore...
Voilà, les flics ont tout : une plainte, un complément de plainte, une bouteille, un luminaire, un nom. Mais non, il ne se passe rien...que vont-ils faire ? Le convoquer, m'ont-ils dit. Monsieur le voleur, auriez-vous l'amabilité svp de venir papoter au commissariat svp ? Merci, vous êtes très aimables...
En attendant, je l'ai croisé 2 fois hier, je n'ai rien dit, il paraît que sinon, je risque des représailles.
Nous ne retrouverons certainement jamais ce qui nous a été volé. Arriverons-nous à prouver que le voleur est bien celui chez qui a été retrouvé notre luminaire ? Il va forcément dire qu'il l'a trouvé au milieu du couloir et qu'il s'est dit qu'il n'était à personne. C'est évident. Pas besoin du NCIS pour savoir çà.
Alors, cher blog, ces dernières semaines, si on résume, je t'ai annoncé un décès, un refus de candiature et aujourd'hui, un vol. Et bien, je crois qu'on a fait le tour, non ?
Je l'espère en tout cas. Car tu sais, cher petit blog, heureusement que tu es là pour m'aider à me défouler en écrivant encore et encore, car là, je suis épuisée. J'ai trop pleuré ces dernières semaines, trop de tristesse à divers degrés (bien sûr, la perte de mon amie n'est en rien comparable à un vol de bouteilles de vin !!) et franchement, entre nous, j'en ai marre...
Alors, j'espère que, m'approchant des 100 billets postés, j'aurais quelques bonnes nouvelles à t'annoncer, un peu de soleil à te montrer...
A bientôt donc, pour des jours meilleurs...
jeudi 19 mars 2009
Lettre à France
Madame,
Vous avez proposé votre candidature pour un poste au sein de la ville de Lyon.
Votre formation et votre parcours professionnel présentent un grand intérêt. Toutefois, votre candidature n'a pas été retenue. En effet, elle ne répond pas à l'ensemble des exigences du poste.
Vous remerciant de l'intérêt porté à notre ville, veuillez agréer, Madame, l'espression de nos salutations distinguées.
Le responsable du Pôle Ressources.
Monsieur,
Oui, il y a plusieurs semaines de cela, je vous avais effectivement "proposé" ma candidature pour un poste au sein de la ville de Lyon. Pour plus de précisions, citons-le : un poste de bibliotechnicien au sein de la médiathèque de Vaise, 9ème arrondissement de Lyon.
Parlons-en encore plus précisément : je rêvais de ce poste. Pas seulement parce que je recherche du travail, consciente que nous sommes quelques milliers dans ce cas. Mais, découvrant votre annonce, j'avais ressenti pour la 1ère fois depuis longtemps, l'espoir qu'allier ma passion et mes compétences étaient possibles.
Je suis heureuse de voir que ma formation et mon parcours professionnel puisse représenter un grand intérêt. Je constate néanmoins qu'il aurait fallu qu'ils représentent un plus grand intérêt encore pour qu'ils retiennent davantage votre attention.
Ma candidature n'a pas été retenue. Oui, forcément, autrement, il m'est d'avis que vous m'auriez contacté par téléphone plutôt que par courrier simple pour m'annoncer une autre nouvelle que celle-ci...une convocation à un entretien par exemple...
Oui, Monsieur, vous avez raison, ma candidature ne répondait pas à l'ensemble des exigences du poste que vous proposiez. Je n'ai pas la formation de bibliothécaire, n'ai encore eu aucune expérience dans ce domaine et je présentais, dès le départ, un désavantage de taille : je ne suis pas fonctionnaire. Car, certes, la majeure partie de vos postes sont "ouverts" aux personnes dits de "l'extérieur", autrement dit non-titulaires du concours de fonctionnariat.
C'est un fait : depuis 10 ans que je travaille, je n'ai jamais eu le temps de me poser la question de passer un quelconque concours pour exercer un métier, puisque jusqu'à présent, j'avais la chance d'être employée avec le bagage déjà obtenu par mes formations.
Pourtant, même consciente de mes lacunes non négligeables au départ, j'avais choisi d'oser. Oser me présenter à vous sur la base d'une passion pour la lecture, l'écriture, la culture et du contact avec le public. Oser imaginer que ma connaissance de la population de cet arrondissement et des lieux puisse présenter un intérêt, étant entendu pour tous ceux qui ont une connaissance de l'endroit et de ses habitants que c'est un arrondissement à part des autres, dernière parcelle rattachée à votre grande ville, avec sa population dite "populaire", avec ses friches industrielles et son grand avenir en construction. Oser penser qu'une expérience dans le commercial et le marketing pouvait me permettre de proposer un regard nouveau envers des partenaires extérieurs et une dynamique audacieuse dans les animations qu'une médiathèque a comme mission d'apporter à ses adhérents.
J'avais en tête les si nombreuses personnes rencontrées au cours de ma vie dans les lieux de culture, moi, l'amoureuse des livres, toujours en quête de leurs critiques et de leurs bons conseils. J'en avais ressenti parfois quelque déception, m'apercevant qu'il ne suffit pas d'aimer les livres pour savoir en parler, pas plus qu'une formation de bibliothécaire ne puisse garantir une quelconque compétence dans une fonction aussi polyvalente que l'accueil du public, la lecture, la critique, la mise en avant des ouvrages, ou encore les fonctions d'accompagnement de population par exemple en recherche d'emploi, telles que vous en parliez dans votre annonce. Et pour cela, j'avais l'expérience du vécu.
Oui, Monsieur, j'ai été audacieuse. Car certes, mon parcours n'a pas l'empreinte d'un statut acquis par un concours (sans blâmer aucunement d'ailleurs ceux qui ont le courage de le passer, vu que s'il avait fallu, j'étais prête à le passer !!), ni même l'expérience de cette fonction à vous mettre en avant en 1ère ligne sur mon CV. Je relis ce matin ma lettre de motivation et m'interroge sur de plus amples chances si j'y avais cité peut-être Zola, Hugo mais aussi, (il faut coller à son époque) Marc Lévy ou encore Anna Gavalda. Osons espérer que cela n'aurait rien changé, car autrement, vous seriez contraints de proposer plus de 2000 caractères aux lettres que l'on vous adresse.
Je n'avais que mes mots, Monsieur, ma modeste culture, ma soif d'apprendre et mon envie de bien faire et suis consciente que c'était un trop peu que vous vous êtes fait l'économie de mesurer.
Enfin, oui, par ces temps difficiles, vous recevez tellement de candidatures que la mienne devait être bien petite et que votre temps est précieux pour faire le tri parmi tout cela.
Pour toutes ces raisons, je comprends votre lettre et n'ai nul autre choix que d'accepter votre réponse.
Mais, pour toutes ces raisons aussi, j'ai le coeur un peu gros à vous lire. Oh, bien sûr, j'avais moins de chances qu'en jouant au Loto que vous soyez assez interpellé par ma démarche pour avoir envie au moins de me rencontrer et entendre mes si nombreuses motivations. Mais, tel au Loto, il ne suffit pas de jouer pour gagner, cela serait trop simple.
Cher Monsieur, merci donc de votre réponse. J'ai ressenti l'envie de vous répondre à mon tour. J'oserais encore, Monsieur, parce que je crois encore à mes rêves et peut-être qu'un jour viendra où j'aurais le plaisir de vous rencontrer. Soyez assuré, Monsieur, que ce jour-là, je n'aurais rien perdu de la passion qui m'anime et qu'à ce moment-là peut-être, vous aurez une toute petite place pour la toute petite femme que je suis.
En attendant ce jour, comme disait Brel, recevez, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.
La responsable de moi-même.
lundi 9 mars 2009
Et c'est le temps qui court, court...qui nous rend sérieux...
Lundi. Tout est fini.
Samedi matin, j'ai accompagné mon amie vers son "dernier voyage" comme on dit. Beaucoup de monde, beaucoup de larmes, tant d'émotions.
La vie est repartie, il me faut refermer cette parenthèse. Merci à celles qui m'ont soutenu pour ce douloureux moment, cela m'a été d'un grand soutien.
Je n'avais jamais perdu une personne de ma génération. D'ailleurs, quand bien même, cela n'aurait pas empêché la douleur. Mais il faut peut-être parfois que la vie nous interpelle pour que nous comprenions mieux des choses.
A moi maintenant de savoir comprendre ce que je refusais auparavant : la fragilité de l'instant. Le refuser car bien sûr, on le craint tous. Mais l'accepter permet certainement de mieux saisir la valeur du moment, de la parole, de la présence.
Il va falloir que cessent quelques angoisses, que je ne m'alarme pas au moindre mal de tête, que je ne tombe pas dans la sur-protection inutile, ect...
Cela se fera avec le temps.
Mais il ne faudra plus jamais en perdre...
jeudi 5 mars 2009
Toi, mon amie...
Aujourd'hui, pas de couture. Aujourd'hui, pas de soleil, pas de rires. Juste des larmes.
Hier soir, j'ai appris le décès brusque d'une amie. Elle avait 29 ans et vient de nous quitter d'une rupture d'anévrisme.
Elle s'appelait Peggy. Je n'ai pas de mot, suis attérée. Mon esprit ne sait pas accepter cela.
Je ne l'avais pas vue depuis quelques mois. Mais entre elle et moi, il n'y avait aucune formalité. Chacune savait que l'autre pensait à elle et lorsque nous nous appelions, les choses étaient intactes, reprises comme de la veille, sans coupure...
Je pleure sans cesse depuis hier, je revois son image, j'entends sa voix. Je pense à notre rencontre, il y a quelques années, au départ simplement 2 voisines qui ont fait connaissance, à force de se croiser. Elle, toujours speed, toujours "à fond", jamais de baisse de rythme, on avance, on avance, on avance...
Cela s'était fait spontanément, "un de ces jours, il faudra passer à la maison prendre un café". Est-ce elle ou moi qui avait dit cela ? Je ne sais plus. Mais, quelques jours plus tard, elle avait sonné, était rentrée chez moi et dans ma vie comme si tout cela était logique et cela l'était tout naturellement. Il y avait des choses qui n'étaient pas nécessaires de se dire : l'une avait compris le passé de l'autre et vice-versa. Nous nous en sommes immédiatement contentés et dès ce jour-là, nous nous sommes mises à nous voir très régulièrement, se racontant toutes sortes de choses autour de cafés inbuvables, partageant un tempérament de femmes ayant quelque chose à découdre avec la vie, le coeur toujours prêt à aimer, à aimer trop souvent, passionnément.
Voilà ce que c'était aussi : une rencontre de femmes. De revendication de liberté, d'indépendance. Toujours. Pour mieux se protéger. Une espèce de rage au coeur qui nous faisait avancer sans cesse.
Ce tout petit étage qui nous séparait nous faisait monter ou descendre les escaliers 4 à 4, pour raconter à l'autre les nouveautés de la vie, les petits tracas quotidiens et les grandes émotions.
Elle était là à consoler ma tristesse quand mon grand-père est décédé.
J'étais là pour consoler ses histoires d'amour avec ces hommes qui n'avaient pas compris l'immense besoin d'aimer et d'être aimée qui l'animait.
C'était une bête de travail, jamais de répit, travaillant 6 jours sur 7, cumulant 2 travails semaine et week-end. Elle avait ce besoin d'être performante (et l'était !!), de le prouver, ne comptant jamais ses heures, même si la fête lui avait enlevé ses heures de sommeil, répondait toujours présente. Impressionnante par son volontariat, dans des tâches pénibles, ingrates parfois lorsqu'elle a acquis des responsabilités, dirigeant des femmes qui s'exaspéraient de son exigence de perfection, elle, s'énervant contre l'incompétence.
Et puis, un jour, la vie a été plus douce. Une rencontre. Elle avait trouvé son "maître", avait ce besoin d'admirer pour aimer. Et dieu sait qu'elle l'admirait. Et dieu sait qu'elle l'a aimé. Du jour au lendemain, tout s'est éclairé. Il était enfin arrivé, cet homme qu'elle avait tant attendu. Elle ne l'a plus jamais quitté, depuis maintenant 3 ans. Ils travaillaient ensemble, ne se quittaient jamais, fusionnels, passionnément.
En quelques semaines, l'évidence de leur relation était telle qu'il n'était plus possible d'être séparé de lui une seule nuit supplémentaire. Elle a déménagé très vite, s'engouffrant dans cette relation sans retenue.
A l'époque, je cherchais un appartement plus grand. J'ai repris le sien, comme une autre logique, le connaissant déjà par coeur. Y ai posé mes meubles, mais sa présence n'a jamais cessé d'être là.
On en rigolait, inhabituelle situation, nous qui n'avions jamais trouvé la place dans la normalité.
A partir de ce moment, nous nous sommes moins vues mais n'avons jamais cessé de nous donner des nouvelles, par-ci, par-là. Elle, l'immense amoureuse, si heureuse, elle rayonnait. Jamais une minute à elle, toujours et encore ce rythme effréné, jamais de pause, elle reportait toujours cela à plus tard.
Entre-temps, j'avais redéménagé. Elle était venue, avait rencontré ma fille, m'avait offert tout un ensemble parce "qu'il m'a fait rire dans le magasin et que j'y ai vu une chipie dedans".
Depuis, on se promettait de se faire une soirée de filles, une soirée comme avant, devant un café inbuvable, à refaire le monde, mais cette soirée n'a pas eu lieu. Nous ne trouvions pas le temps, pensant que la vie était devant nous, pour toujours. Et puisque le temps n'importait pas, pas d'inquiétude, ce moment aurait lieu.
Mon amie est partie. Je ne la reverrais plus jamais. Nous n'aurons plus jamais le temps.
Mon dieu, que je suis triste. Je n'ai pas assez de larmes. Trop de colère, trop d'incompréhension.
Je voulais vous parler d'elle. Pardonnez-moi.
Elle me manque tant. Elle va tellement me manquer...
mercredi 25 février 2009
Même joueuse joue encore !!
Comme un fait exprès, le jour où je parle de jeu et de Loto, hop, je tombe sur...çà...
A GAGNER ... vous partagerez le lot ci dessous à 4
(tirage au sort le 16 mars 2009)
La Scraposphere ajoutera également 10€ de tampons au choix (montés sur mousse statique) à chacune des 4 gagnantes
si nous depassons les 100 commentaires avant la date limite
... passez le mot ...

Ni une, ni deux, JE JOUE !!!!!! Rendez-vous donc sur http://scraposphere.over-blog.com/article-28004966.html
On se retrouve là-bas ?
100 % des gagnants ont tenté leur chance...
J'ai répondu à une offre d'emploi.
La première depuis plusieurs années, puisque la précédente m'avait permis de rentrer dans l'entreprise qui m'a licenciée l'année dernière... çà fait bizarre. Comment çà marche ? Qu'est-ce que je vais bien pouvoir leur dire ? Oh, zut, respecter un ordre logique : le "vous, je, nous". M'en fiche, j'écris machinalement, cet exercice ne m'a jamais posé de souci, c'est vrai, j'ai cette chance. J'écris comme je respire, les mots m'ont toujours été faciles, des amis quand ma bouche est parfois si maladroite à vouloir exprimer des choses pourtant si simples.
J'ai répondu à cette offre comme un coup de poker, miser sur mes passions et faire table rase du passé d'un métier que je voudrais ne plus jamais exercer. J'ai osé, çà y est, je l'ai fait !
Et maintenant...
Maintenant, il y a l'attente. De l'appel ou du courrier. Si ils appellent, c'est pour un entretien. Si c'est un courrier, c'est un refus. C'est toujours ainsi que cela se passe. Il faut le savoir, s'y préparer.
Le plus dur est de se concentrer sur autre chose. Comment trouver l'envie de regarder les autres petites annonces si on a la sensation d'avoir déjà trouvé celle qui nous rendrait heureuse ?
Ce qu'il faut avouer, c'est que ce poste a la particularité d'être dans le fonctionnariat, pour moi qui viens du privé, capitaliste et mercantile, c'est une révolution ! Mais si c'est là que se trouve enfin LA voie, pourquoi pas ?
J'ai peur. Peur que cela ne marche pas, sans avoir pu aller me défendre en entretien. Peur que le fait de venir du privé les rebute avant même d'avoir pu me juger sur d'autres éléments. Peur car une lettre de motivation, aussi bien écrite soit-elle, ne pourra jamais leur dire à quel point ma vie a changé et à quel point tout ce que j'ai compris ces derniers mois ne peut pas être écrit dans un CV qui ne me ressemble tellement plus...
J'essaie de ne pas trop m'accrocher à un espoir qui, je le sais, doit rester mince. Puisque pas prioritaire. Puisque avec un profil atypique.
Mais c'est comme l'instant avant le tirage de l'immense cagnotte du Loto auquel vous avez joué comme 2 fois dans l'année. Il y a toujours ce moment où fébrile, vous vous dites : "qu'est-ce que l'on ferait si on gagnait ?".
S'en suit l'immense liste que nous avons tous fait au moins 1 fois dans notre vie : acheter la maison de nos rêves, faire le tour du monde, arrêter de travailler peut-être pour certains, mettre à l'abri du besoin ses proches, ect..."
Et puis arrive l'heure du tirage. Vous y croyez dur comme fer : 100 % des gagnants ont tenté leur chance, non ?
Les boules tombent une à une et annoncent le résultat. La première d'abord : vous ne l'avez pas mais bon, il y a le complémentaire pour repêchage après tout. La deuxième : vous ne l'avez pas non plus mais bon, 5 numéros, çà fait un bon pactole quand même. Et la 3ème, et la 4ème, et la 5ème. Vous ne les avez pas, votre espoir tombe à l'eau.
Au pire, un numéro est correct mais c'est trop peu pour que vous récupériez votre mise.
Et là, immanquablement, déçu un petit peu quand même, vous dites qu'il ne faut pas rêver, que les statistiques sont formelles, une chance sur plusieurs millions, cela aurait été hallucinant que çà tombe sur vous !
Vous êtes même capables d'ajouter que c'est mieux comme çà, que l'argent, çà gâche la vie et pourrit les relations avec les gens !
Eh bien, vous voyez, j'en suis là en ce moment avec mon annonce. J'ai joué ma grille, et j'attends le tirage.
J'ai une chance, une toute petite chance. J'attends fébrilement. Entre l'envie et l'enthousiasme et la peur d'être trop déçue.
Alors, dans ces moments-là, il est dur de penser à autre chose. D'avoir envie d'écrire sur un autre sujet. Pourtant, les journées sont riches de mille choses. Je rêve des heures durant devant Pomadour, je recrée notre intérieur, je range des tonnes de papiers ne servant plus à rien, j'ai fait les plans de nos futurs meubles de salon, je chine dans ma caverne d'Ali Baba, j'accumule des tonnes de tissus, de laine, en attendant le savoir-faire. Tout cela en rêvant.
C'est beau de rêver. Pour l'instant, c'est vraiment beau...
lundi 9 février 2009
Je compte les moutons...et vous ?
Comment résister ? Moi, je ne peux pas. Alors je joue. Comment ?
Eh bien en participant sur ce blog-là, avec le tirage au sort le 1er mars pour gagner cet adorable petit mouton trop gnon.
J'espère que j'aurais plus de chance qu'avec la robe de La Poule dont je ne me suis toujours pas remise :-)
Un mouton, 2 moutons, 3 moutons, 4 moutons, zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz
lundi 2 février 2009
Pour Johanne
Aujourd'hui, point de tricot, de crochet, de couture, de débat d'engagement ou pas, ou encore de recette de cuisine. Non.
Aujourd'hui, il y a une immense pointe de tristesse dans l'écriture. Johanne s'en est allée...
Johanne, c'était une jeune et très jolie femme de 32 ans qui, il y a 1 an et quelques jours, a découvert qu'elle était atteinte d'une grave leucémie. A partir de ce jour, elle s'est battue contre la maladie, sans cesser de penser aux autres, sans cesser de sourire. Bien sûr, il y a eu des moments de découragement parfois, des doutes, des baisses de moral.
Mais, à chaque fois, est repartie au combat, affrontant les nombreux traitements, la douleur qu'ils occasionnaient, les vomissements, les migraines, le changement physique, la dépendance, ect...
Elle a lutté, ne perdant pas de vue son rôle de maman, berçant dans ses bras ses enfants, même à distance, lorsque la maladie l'empêchait de les toucher en vrai.
Dans les premiers jours suivant l'annonce de sa maladie, elle avait décidé d'ouvrir un blog, son journal de bord en quelque sorte. Elle y a écrit régulièrement, parfois seulement quelques mots, parfois plus. N'oubliant jamais d'attirer l'attention sur ses compagnons de chambre, nous dirigeant vers leurs blogs ou profitant de cette tribune pour nous interpeller sur la nécessité des dons de sang, de plaquettes.
J'ai connu Johanne il y a seulement quelques mois de çà, grâce à Catherine. Son courage m'a bouleversé, car sans cesse, les mots étaient courageux, remplis d'espoir. Il y a 15 jours environ, alors qu'on la croyait sortie d'affaire, la nouvelle est tombée, brutale : la maladie était revenue, de plein fouet, virulente, vicieuse, s'engouffrant partout.
En quelques jours seulement, Johanne s'en est allée.
Elle laisse une famille courageuse, ses parents qui, lorsque ses forces à elle étaient trop minces, continuaient le fil des nouvelles sur son blog, ses enfants, son mari : Alexandre, Eline, Luc, Papy et Poumama...
et tant d'anonymes qui ont suivi son chemin...
Johanne n'avait seulement qu'un an de plus que moi. Avant la découverte de sa maladie, rien n'aurait pu laisser présager d'un tel destin. Maman comme elle, je pense à ses enfants, à ses parents, à son mari.
Je pense à elle, fort. Je m'étais habituée à aller voir chaque jour des nouvelles sur son blog. Cela va me manquer. Nous n'étions pas dans la même ville, nous ne nous connaissions pas directement mais j'aurais, comme beaucoup d'autres lecteurs, tant aimé la connaître.
Pour la leçon de vie qu'elle nous a donnée, pour le courage dont elle a fait preuve, pour son sourire et ses bouilles de clown, lorsque d'autres auraient caché le manque de cheveux, sa force m'a bluffée, son espoir m'a encouragé.
Les commentaires s'accumulent, centaine d'anonymes ayant, comme moi, suivi son chemin. Tous tristes, tous dans l'accompagnement de sa famille, tous endeuillés devant l'injustice.
Il ne m'appartient pas de raconter davantage son histoire. Pour vous le conter, promenez-vous sur son journal de bord à elle, ce lien qu'elle nous a laissé : http://leucemiennemie.canalblog.com/
lundi 26 janvier 2009
Période bizarre
Il y a des périodes bizarres dans la vie. En vrac et dans le désordre...
- Je ne lis plus Fonelle tous les jours sur son blog. En fait, au bout d'un moment, je trouve que le style est toujours le même. Je m'ennuie.
- Je n'achète plus Biba ni Cosmopolitan. Oui, je les achetais. J'assume.
Cela m'ennuie d'avoir la mémoire trop longue pour reconnaître des soi-disant témoignages qu'ils ont déjà mis dans des précédents numéros. Même si le dit numéro date de plusieurs mois ou années en arrière. Les photos, idem. En nous faisant croire que c'est du neuf, du frais, du dernier-pensé.
- Je ne m'inquiète plus au moindre bobo : je relativise.
- J'ai mis pour la 1ère fois du vernis "rouge noir Chanel" hier soir, moi qui adore passer inaperçue. Oui mais je trouvais cela joli sur les autres. Oui, mais c'est sur "les autres"...Sur moi, çà fait juste moche. En plus, j'ai été déçue. Il se met mal, il ne tient pas, dissolvant au bout d'1/2 journée, à quoi bon ?
- Je fais les soldes "sagement", je regarde 10 fois la fringue en me demandant si VRAIMENT, je la mettrais plus d'1 fois. 9 fois sur 10, je la repose...
- Cà y est, suis prête à vendre quelques-uns de mes 100 sacs à main. Finalement, ce n'est pas si difficile que cela de se séparer de certains. Il suffit juste de réaliser qu'on ne les porte jamais...
- J'ai compris que le métier que je m'étais obstinée à faire pendant 10 ans n'était pas "le mien". Je n'ai pas encore trouvé ce que j'allais faire de ma vie (oh, l'angoisse) mais s'être avoué cela est déjà un immense pas.
- Moi qui disais depuis des années que je voulais coudre, tricoter, crocheter, et qui n'avait pas osé, (ma vie, jusqu'à présent, était une belle succession de "je n'ose pas"...), je suis heureuse d'avoir franchi le pas.
- j'arrive (presque) à ne plus fumer. En tout cas, je passe plusieurs semaines sans fumer et ce n'est plus un problème. Paradoxalement, si j'achète un paquet, je suis capable de le fumer en 2 jours chrono. A m'en dégouter. A en avoir mal à la tête. En me trouvant idiote à chaque bouffée. En jurant de ne plus jamais racheter de paquet. Et y croire. Et espérer qu'enfin, ce jour arrive. Qu'un jour, je puisse dire "çà y est, c'est fini, VRAIMENT". Oui, enfin...
- J'en arrive à me dire que toutes les erreurs marketing relevées des entreprises, je devrais en faire un livre. Ou les écrire sur un blog. Dénoncer donc. Est-ce me prendre pour Julien Courbet alors que moi, c'est vraiment mon métier ? L'introspection d'horreur...
- Ce matin, j'ai trouvé une offre d'emploi qui me plaît vraiment. Cela faisait TRES longtemps. Un truc où on évoque la démocratie participative et des choses comme cela : un rôle un peu politiquement correct. Je ne le suis pas toujours. Et alors ? Avant, je n'aurais jamais osé. Maintenant, je me dis "pourquoi pas".
Ils ne me prendront jamais. Je le sais. Je dis trop haut ce que les autres pensent tout bas. Je le sais. Et alors ? est-ce que cela doit m'empêcher d'oser ? Est-ce que, finalement, oser, ce n'est pas se foutre de cela ? Etre réaliste sur le fait que j'ai 1 chance sur 1000 d'être prise doit-il m'empêcher de le faire ? Et si les 999 tombaient malades le jour de l'entretien ? Ou finalement, se disaient que c'est foutu d'avance, eux aussi.
Est-ce qu'ils oseraient, EUX, prendre le risque de me prendre sur mes compétences qui, elles, sont reconnues et non sur le risque qu'ils prendraient d'avoir un canard noir au milieu des cygnes blancs ?
Mon amie, à qui j'en parle ce midi me dit : "es-tu prête à avaler des couleuvres ?". Un blanc. Je ne sais pas. Cà a quel goût une couleuvre ?
- Ce matin, je n'ai peur de rien. je découvre que le père d'un homme que j'ai follement aimé (avant, dans une autre vie bien sûr ) est devenu un éminent personnage dans ma ville. Ce matin, je lis son blog et je me dis : "dire qu'il aurait pu être mon beau-père"....
Je découvre que nous sommes du même "bord". Ouf ! Mes souvenirs restent intacts.
- Ce week-end, IL s'est souvenu de moi. Il, c'est un vieil homme atteint d'Alzheimer, qui, dans un moment d'apaisement, a décroché son téléphone et s'est souvenu de sa fille. 10 minutes de conversation "comme si de rien n'était". 10 minutes où les souvenirs sont fiables, les personnes bien à leur place, on y croit encore un peu. On se dit "jusqu"à quand ?" Et puis, il dit :" mais tu habites où déjà ? " Et là, on se souvient...
Saloperie de maladie ! Vicieuse ! Perverse ! Tu prends tout et tu ne rends rien ! Lundi matin, se souvient-il ? Peu de chances...
Oui, c'est un moment comme çà en ce moment, un moment comme en appuyant sur "Pause". Et là, vous voyez.
Que tout n'est pas "bien".
Que tout n'est pas "mal".
Vous riez de choses dont vous auriez pleuré autrefois. Vous pleurez de choses que vous n'auriez même pas soupçonnées.
Vous voyez les gens "autrement". Ou vous les voyez enfin "tels qu'ils sont". Vous ne savez pas.
C'est eux qui ont changé. Ou c'est vous. Ou un peu des deux.
C'est une période bizarre. C'est une période heureuse. Ou un mauvais moment à passer. Cà dépend des couleuvres...

