jeudi 16 juillet 2009
On ira tous au paradis...
Après plusieurs mois de silence, je reprends la plume...
Après une série d'évènements particuliers, je n'y arrivais plus. Ecrire, oui, mais écrire quoi ? Les tracas du quotidien ? Les créations que je n'ai pas eu le temps de faire ? Mon projet de boulot qui avance ?
Oh, les sujets n'auraient pas manqué mais les mots ne suivaient pas.
J'ai été plus que marquée par plusieurs évènements difficiles depuis ce début d'année : le décès de mon amie, le cambriolage de notre cave, et puis, ce que je n'ai pas indiqué ici après cette mésaventure : un meurtre qui s'est produit dans mon immeuble, par le voisin même qui était soupçonné de notre vol. Oui, quinze jours après mon dernier message, s'est produit ici quelque chose d'inqualifiable : un soir, il a "pété les plombs", pris d'une crise de démence, il avait envie de tuer. Il est monté au dernier étage de notre immeuble, a frappé à la porte d'un habitant qui lui a gentiment ouvert et lui a proposé un verre, ignorant l'état psychique dans lequel il se trouvait. Et, dans un acte prémédité puisqu'il avait monté avec lui des accessoires dans sa manche, a égorgé ce voisin, l'a décapité et est redescendu avec sa tête chez lui et ensuite, a jeté sa tête dans le vide-ordures.
Dès le lendemain et la découverte du corps, ce meurtrier a été arrêté, a froidement expliqué qu'il avait eu ce besoin d'enlever la vie à quelqu'un, comme çà, parce qu'il était mal dans sa peau, tout simplement. Son interpellation a été un soulagement bien sûr mais les images restent. Tout l'immeuble a été bouleversé, forcément. Pendant de longues semaines, tout le monde n'a parlé que de cela, refaisant l'histoire, cherchant des explications. Il n'y en a pas : ce jeune homme était malade psychiquement, n'avait pas été pris en charge en hopital psychatrique, avait même déjà quelques antécédents.
Depuis, il s'est suicidé en prison, peut-être poursuivi par la gravité de son acte.
Nous ne le saurons jamais, la famille du défunt non plus avec en plus, la douleur de ne pouvoir faire complètement son deuil.
Les images ont été violentes. Pendant plusieurs semaines, nous avons eu tant de mal à dormir, à sortir de chez nous, à nous rassurer.
Alors, dans ce contexte, je n'avais plus de mots. Plus envie d'écrire, plus envie de parler.
J'écris aujourd'hui par besoin de tourner la page. Par nécessité que la vie reprenne ses droits et me permette de passer outre cette incompréhension.
Car mon esprit est incapable de comprendre comment on peut délibérément oter la vie à quelqu'un. Je vois bien les informations chaque jour comme vous tous mais même en le constatant, cela ne m'enlève pas la douleur et la stupeur que j'éprouve à chaque fois devant ces annonces. J'attache une telle valeur à la vie, je la crois si précieuse, si exceptionnelle que les morts non naturelles sont un mystère douloureux en pensant à ces hommes et femmes qui avaient encore tant à donner, à voir et à vivre.
Bref, me voilà à refermer ce chapitre sordide.
Heureusement, depuis, mes projets ont grandement avancé. Cà y est, j'ai réussi. Non pas à me faire embaucher, non, çà, je l'attends encore. Mais à définir quel est ce grand changement d'orientation que je cherchais tant.
Il m'aura fallu des mois pour arriver à l'avouer, ayant notamment peur de l'effet de mode. Mais c'est bien l'en-tête Développement Durable que j'espère apposer bientôt à mon rôle professionnel.
Sous quelle manière, je l'ignore encore. Je lis, que dis-je, j'avale le sujet telle une boulimie d'informations tant cela est passionnant. Et finalement, tout se rejoint enfin. La valeur précisément accordée à la vie trouve sa réponse aussi ici.
J'avais quitté ma précédente fonction, écoeurée des pratiques commerciales et marketing constatées, n'y voyant que de la prétention de quelques diplômés de grandes écoles, que je trouvais sans imagination et bourrés d'orgueil.
Je rêvais d'une autre manière d'être, d'une autre façon de s'accomplir, en alliant compétences et valeurs.
Il aura fallu des mois mais la réponse est certaine. Demain, sous une forme certes ignorée encore, j'arriverais à allier cela.
Et cela est apaisant, enfin. Toucher au but de ce que l'on cherchait depuis plusieurs années. Avoir compris le manque dans son rôle mais ne pas arriver à le définir jusqu'ici était douloureux. Comme un échec, je n'en voyais pas le bout. Mille doutes incessants, mais la passion comme motivation, ce besoin de colorer ma vie en étant en accord avec ce que me disait mon coeur, çà y est, c'est pour bientôt, on va y arriver.
Après tout cela, que reste-il à dire ?
Il aura été long ce chemin avant d'avouer mes vraies envies. Mais quel soulagement, quelle émotion maintenant d'être certaine de ses choix. Pour la 1ère fois de ma vie, je choisis mon parcours. Refermer la page de l'adolescence et d'une orientation à 15 ans bien mal choisie car à l'époque, la maturité manquait pour comprendre quelles allaient être les conséquences.
Je ne regrette rien. J'ai peur bien sûr, car tout me reste à prouver mais l'envie est plus forte que les barrières qu'il me restent encore à franchir.
J'avais démarré ce blog, souhaitant enfin pouvoir accéder à la liberté de l'être et de ses multiples pensées. Je n'ai pas toujours réussi, cherchant parfois à ressembler à des femmes dont j'admire le parcours et les créations. Qui ne rêve pas d'être la parfaite femme-maman-créatrice, accomplie dans sa vie pro et dans sa vie perso, tenant un blog quotidien où elle arrive à cuisiner, coudre plus vite que son ombre, travailler, élever ses enfants, avoir des copines, lire, être fashion, ect...
A lire cela, peut-être qu'un nom vous vient en tête, voire même plusieurs ?
Moi, j'ai envié ces femmes-là, je le concède,espérant tant arriver à tout faire, à tout être, à tout vivre.
Et il aura été long le chemin où j'ai accepté d'être seulement moi, à mon rythme, en accord simple avec ce que je sais faire et non ce qu'il me faudrait des années pour acquérir.
Je n'envie plus ces femmes. Leurs parcours sont formidables mais ils leur appartiennent. Chacune est unique et fait en fonction de ce qu'elle peut.
C'est chouette d'écrire cela, cela fait un bien fou. Ne plus se sentir obligée d'afficher une constante création, le truc qui fait plus, qui fait mieux.
Je ne suis pas douée pour cela. C'est comme çà.
J'aime les amitiés profondes et j'aime les gens. J'aime le monde et ses merveilleux trésors. J'aime la vie au-delà de tout, et suis émerveillée aux larmes quasi chaque jour de la richesse de l'émotion provoquée par de tous petits riens. Et demain, c'est tout cela que j'espère montrer à mon tour. C'est bien aussi, non ?
Ne faut-il pas déjà se contenter de cela ? D'être soi même si on fait différent des autres ? Notre valeur n'est en rien diminuée par cette acceptation.
Voilà tout ce qui s'est passé ces derniers temps. Les évènements dramatiques et douloureux ont laissé place à cela. Avancer, encore, toujours. Pour ma fille, pour mes proches, pour tous ceux que je lis et tout ceux que je ne connais pas encore. Pour mes amis, ma N'Amie, tous ceux dont j'aime à entendre les coeurs parler avec les yeux brillants d'émotion. Pour tous ceux qui m'inspirent et qui me donnent envie d'agir. Et un peu pour moi, apaisée enfin...
Rien n'est encore fait, tout reste à faire. Mais ce qui est pris est pris et demain mettra en accord tous les morceaux du puzzle.
Mon dieu, que j'aime les gens et la vie. Mon dieu, que cette vie est belle.
Voilà les mots que j'attendais d'écrire pour arriver à rouvrir cette page ici...

